Ces échanges sont repérables dès le milieu du XVIIIe siècle, mais ce n'est qu'à la fin de la guerre de Sécession qu'un ensemble de textes sera établi. À côté d'un gospel dont le style reste fidèle à la tradition européenne (Fisk University Jubilee Singers) se développe, en particulier dans les églises pentecôtistes, une musique plus effervescente: chœurs avec accompagnement d'orgue, de tambourins, voire de batterie et de saxophone. À la recherche de la transe (communication avec Jésus, exorcisation, guérisons miraculeuses), prédicateurs et fidèles dialoguent, se harcèlent et se relancent sur fond de battements de mains. Outre de nombreux apports mélodiques, harmoniques et syncopés, la fréquentation de telles églises dès l'enfance fut pour nombre de futurs jazzmen une école plus vivante et plus décisive que celle des conservatoires.

Les vedettes du gospel ne se contentent pas de se produire dans les lieux sacrés, elles sont aussi à l'affiche des music-halls (l'Apollo de Harlem, notamment), festivals, boîtes de nuit ou salles de concert.

Sallie Martin et Thomas A. Dorsey contribuèrent à désacraliser cette musique vers 1930, en y introduisant les harmonies et les mélodies de la chanson populaire et du blues. Les groupes les plus célèbres furent les Dixie Humming Birds, les Five Blind Boys of Mississippi, les Ward Singers, les Staple Singers. Parmi les solistes se distinguèrent Blind Willie Johnson, James Cleveland, Marion Williams, Alex Bradford, Bessie Griffin, et surtout Mahalia Jackson (1911-1972), native de La Nouvelle-Orléans. Au cours des années 1980-1990, la tradition vocale religieuse semble trouver un second souffle avec, par exemple, le groupe Take Six et la chanteuse Tramaine Hawkins.



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